Dragon Ball Super : nouvelle interview de Toyotaro
De passage en Italie à l’occasion du Napoli Comicon 2017, Toyotaro en a profité pour donner plusieurs interviews dont une première traduite par nos soins en début de semaine. Et c’est aujourd’hui le site wired.it qui nous propose cette nouvelle interview, que l’on peut vous proposer en français grâce à nos amis de Dragon Ball Ultimate et à Psykomatik.
Dragon Ball Super : nouvelle interview de Toyotaro
Qu’est-ce que ça fait de passer de fan lambda de Dragon Ball à auteur de l’une des licences les plus mythiques de l’histoire du manga ?
TOYOTARO – Niveau sentiment, rien n’a changé de mon côté, je ressens toujours autant d’amour pour cette licence, et ce depuis mon enfance. Niveau responsabilité en revanche, ça change du tout au tout : aujourd’hui, mon travail est de séduire le plus grand nombre de fans possibles et de faire passer un message. Je ne veux pas qu’ils se sentent trahis en lisant ce que je fais, et j’y mets beaucoup du mien pour tenter de conserver le charme authentique de la franchise.
À vous entendre, vous vous sentez comme « redevable » ?
TOYOTARO – Il y a deux choses tout aussi importantes pour moi que l’objectif premier qui est de ne pas décevoir les fans : m’amuser, et donner du plaisir. Ce sentiment, j’essaye de le transposer à travers chacune de mes pages, et ça me permet de faire des choses intéressantes et créatives.
Il paraît que Toriyama joue un rôle important dans votre travail, c’est vrai ?
TOYOTARO – Pas seulement le mien : Il supervise absolument tous les story-boards liés à l’univers Dragon Ball.
Il y a quelques mois, Toriyama disait que vous étiez celui qui se rapprochait le plus de son style, tous mangakas confondus. Il a aussi dit que vous aviez ce style dynamique que lui aurait perdu. Il vous a alors demandé de prendre des libertés, déclarant qu’il serait curieux du résultat. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
TOYOTARO – Je prends quelques libertés. Et même s’il est vrai que pour un fan comme moi, recevoir l’accord du maître sur mon style est important, ce que je préfère c’est d’avoir son accord sur mes idées originales : les nouvelles techniques, et autres nouvelles expressions. Et quelque chose d’autre encore, que je ne peux pas dire.
Depuis l’arc concernant la survie de l’univers, vous êtes devenu character-designer pour Dragon Ball Super. Quelle approche avez-vous tentée avec ces personnages ?
TOYOTARO – Ce fut très éprouvant, surtout pour les nouveaux dieux de la destruction. Pour expliquer aux novices, bien que ce soient des « dieux de la destruction », les dieux en eux-mêmes ne sont pas des ennemis d’un point de vue narratif. De fait, ils ne pouvaient pas avoir un visage trop menaçant, mais ils devaient être un minimum charismatique… Arriver à une osmose parfaite fut très délicat.
Vous connaissez des BD occidentales ?
TOYOTARO – Bien sûr, et plus que ça, j’apprécie beaucoup le style de travail de Disney et leur façon de planifier les histoires avec non seulement une approche multimédia, mais aussi une approche intermédia. C’est pour ça que parmi toutes leurs productions, ma préférée est Star Wars.
Dragon Ball fonctionne plus ou moins de la même façon, dans son genre littéraire : L’univers a d’abord été raconté sur papier, puis à la télévision, puis avec la tonne de jeux vidéos, goodies, figurines et autres spin-off…
TOYOTARO – Ce que j’appelle « le mélange des supports » est une stratégie très efficace. Non seulement, car elle donne l’opportunité d’étendre l’univers, mais aussi car elle permet d’intercepter un grand nombre de personnes de différents supports. Quel auteur pourrait cracher là-dessus, alors que ça permet d’augmenter le nombre de personnes qui suivent mon travail ?
Est-ce que ça change votre façon de dessiner ou de scénariser le manga ?
TOYOTARO – Non, certainement pas. La priorité pour moi, c’est le manga. Je ne peux pas me permettre d’être influencés par d’autres médias.
Au fait, vous connaissez des auteurs italiens ?
TOYOTARO – Pour être honnête, aucun avant d’arriver à Naples. Ces derniers jours, j’ai rencontré Zerocalcare, Roberto Recchioni, Giacomo Bevilacqua, Sio, Mirka Andolfi et Riccardo Ferri. Ils m’ont tous offert leurs bandes dessinés, que je lit actuellement, et j’apprécie plutôt le rendu.
Quel serait la plus grosse différence entre votre approche du travail et l’approche italienne ?
TOYOTARO – En Italie, j’ai l’impression que le plus important réside sur la beauté du dessin, sur l’élégance et sur le story-board. Ça doit vous venir de votre histoire, vous dégagez une sorte d’élégance à travers le monde. En revanche, au Japon, il est fréquent qu’un dessinateur très mauvais devienne populaire : Si l’histoire racontée est intéressante, alors le manga trouvera ses fidèles, et ce peu importe les dessins.
Y a-t-il un manga japonais qui vous plaît actuellement ?
TOYOTARO – Sans l’ombre d’un doute, je dirais My Hero Academia.
Avant de conclure, un mot sur le prochain arc de Dragon Ball Super ?
TOYOTARO – Tout ce que je peux dire c’est: Ne croyez pas connaitre les équipes définitives du tournoi du pouvoir. Même si elles ont déjà été révélées.
Dragon Ball Super
Dragon Ball Super (ドラゴンボール超) est une série animée japonaise produite par le studio Toei Animation (qui avait déjà produit d’autres œuvres de Toriyama-sensei comme Dragon Ball, Dragon Ball Z ou encore Dr Slump). La série est diffusée depuis le 5 juillet 2015 sur la chaîne japonaise Fuji TV. Alors que la série Dragon Ball GT reprenait après les 10 ans d’ellipse après la fin de Dragon Ball Z, Dragon Ball Super fait le choix de reprendre quelques temps après la défaite contre Majin Buu (entre les 6 mois qu’il a fallu pour effacer dans la mémoire des gens les ravages de Buu et la naissance de Pan, la fille de Gohan et de Videl). La série commence par reprendre les films qui sont sortis au cinéma en 2013 et 2015, à savoir respectivement Dragon Ball Z : Battle of Gods et Dragon Ball Z : La Résurrection de ‘F’ avant de partir sur de l’inédit. La série va également d’une part introduire un certain nombre de nouveaux personnages, et d’autre part agrandir l’univers et la connaissance établie de Dragon Ball avec son lot de nouvelles transformations.
La série est aussi adaptée en manga qui sert d’outil promotionnel au tout, et est dessinée par Toyotarō et prépublié dans le Jump depuis le 20 juin 2015 dans le magazine V-Jump au Japon. Le premier volume est disponible au pays du soleil levant depuis le 4 avril 2016, le second tome est disponible depuis le 2 décembre 2016, toujours au Japon. Glénat a sorti le premier tome en France le 5 avril 2017. Le second tome sortira quant à lui le 5 juillet 2017.
Quant à la série animée, elle est diffusée en France depuis le 17 janvier 2017 sur la chaine Toonami.
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>Avant de conclure, un mot sur le prochain arc de Dragon Ball Super ?
TOYOTARO – Tout ce que je peux dire c’est: Ne croyez pas connaitre les équipes définitives du tournoi du pouvoir. Même si elles ont déjà été révélées.
Euh, ouais donc en gros l’équipe sera différente dans le manga ? Dans l’anime c’est montré dans l’OP depuis quelques épisodes déjà a part s’ils nous refont un tour de magie comme avec Jiren/Toppo…