Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview
Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview

Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview (1995)

Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview


Nous voici aujourd’hui réunis – ou pas si vous êtes en confinement – pour une nouvelle traduction d’interview du maître Toriyama ! Cette interview est tirée du Daizenshuu 2 – Story Guide (1995), qui fait partie de la collection de guides publiés au Japon (2 seulement ont été traduits en français) à la suite de la fin du manga. En espérant que cela vous plaise !

Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview

Akira Toriyama Super Interview – 2nd round – L’histoire imprévisible

Pourquoi l’histoire de Dragon Ball a débuté ? Comment a été conçue cette formidable histoire ? Les réponses d’Akira Toriyama sont là. Vous en apprendrez plus sur la naissance de Dragon Ball et son développement …

Vu que ce volume est un guide sur l’histoire, j’ai pensé vous poser des questions en relation avec l’histoire de Dragon Ball. Tout d’abord, pourquoi avez-vous débuté l’histoire de Dragon Ball ?

Je venais juste de terminer « Dr Slump », et à ce moment-là je me demandais ce que j’allais faire pour ma prochaine sérialisation. J’ai eu de nombreuses réunions avec mon éditeur de l’époque, Torishima-san. En fait, à cette époque-là, j’étais un grand fan de Jackie Chan et de ses films, et j’avais dû voir « Le Maître chinois » une bonne douzaine de fois. Vu que j’aime ce genre de choses, Torishima-san m’a conseillé d’essayer et de faire un manga shōnen sur le Kung-Fu, donc j’ai dessiné un one-shot nommé « Dragon Boy ». J’ai eu un retour incroyablement positif de mes lecteurs, donc j’ai décidé de prendre ce chemin pour ma prochaine sérialisation.

Du coup, vous avez commencé à vous pencher sérieusement sur votre nouvelle sérialisation ?

Vu que « Dr Slump » se passait dans une ambiance occidentale, j’ai décidé de changer cela et d’implanter une ambiance chinoise pour ma nouvelle œuvre. Et si je voulais donner un sentiment chinois, je me suis dit que la meilleure façon était de baser mon histoire sur « Pérégrinations vers l’Ouest ». « Pérégrinations vers l’Ouest » est avant tout absurde et possède des éléments d’aventures, donc j’ai décidé de faire une version légèrement plus moderne de « Pérégrinations vers l’Ouest ». J’ai pensé que cela serait plus simple si cette histoire servait de base, vu que tout ce que j’aurais à faire, ce serait d’arranger certaines choses (rires).

Il semblerait que vous souhaitiez au départ que Gokû soit véritablement un singe.

Oui, pour que ce soit complètement raccord avec « Pérégrinations vers l’Ouest ». Ce n’était pas très innovant, donc j’ai décidé de faire du personnage principal un humain, et de le représenter comme un garçon normal. Mais j’ai voulu lui donner quelques caractéristiques bien différenciantes.

Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview
Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview

Le personnage dans « Dragon Boy » avait des ailes, donc j’ai voulu mettre des détails bien caractéristiques afin que l’on se dise qu’il s’agissait de lui juste en le regardant. Donc j’ai donné une queue à Gokû. Donc même s’il se cachait derrière un rocher, si vous voyiez toujours sa queue, vous saviez qu’il s’agissait de Gokû.

A partir de ce moment, j’ai ajouté les Dragon Balls, et si vous rassembliez les sept, votre vœu était exaucé. J’ai pensé que si les personnages partaient à leur recherche, ils pourraient partir en voyage comme dans « Pérégrinations vers l’Ouest ».

Et donc, alors qu’il était au tout début de la sérialisation, avant que le Tenkaichi Budokai ne débute, la série possédait un incroyable sentiment de « Pérégrinations vers l’Ouest ».

Bulma était Tripitaka, Oolong était Zhu Bajie, et Yamcha était Sha Wujing. Je pensais initialement que j’en finirais là, après avoir collecté les sept Dragon Balls.

Puis le Tenkaichi Budokai a commencé. Mais pourquoi avez-vous développé votre histoire de la sorte ?

Du début à avant le Tenkaichi Budokai, la série n’était pas très populaire. C’est ce que m’a dit Torishima-san. « Votre personnage est plutôt ordinaire. C’est pourquoi il n’est pas très populaire », m’a-t-il dit. Personnellement, vu que j’étais partie sur une histoire de combat pour cette série, j’ai intentionnellement fait les habits du personnage principal excessivement ordinaire. Donc cela m’a ennuyé, mais j’ai ensuite trouvé la solution. « OK, nous allons augmenter sa popularité » me suis-je dit. Quand j’ai dessiné le personnage de Gokû, les mots qui le caractérisaient le plus étaient « je veux devenir plus fort ». Donc je me suis dit que j’allais mettre ça au premier plan. Même durant Dr Slump, les événements de type tournoi ou concours, tel que le Gran Prix du Village Penguin ou le Mini-Event ont été incroyablement populaires. Donc j’ai simplement mis la série en mode tournoi. Le Tenkaichi Budokai était né. J’ai temporairement fait disparaître les autres personnages, j’ai ramené Kame Sennin, et j’ai ajouté Krilin comme nouveau personnage. A partir de là, la série est devenue populaire sans que je m’en aperçoive.

Et pourtant, contrairement aux autres personnages réguliers, Gokû n’a pas remporté le tournoi.

Oui, il a dû attendre le troisième pour l’emporter. Tout le monde autour de moi me disait « je suis sûr que Gokû l’emportera à la fin ». Même si j’ai voulu qu’il gagne, j’ai toujours mon esprit pervers, et quand ils m’ont dit ça, j’ai pensé « Comme si j’allais le laisser gagner ! » (rires)

Le Tenkaichi Budokai a été le premier tournant de l’histoire. Puis l’Armée du Red Ribon (Armée du Ruban Rouge – ndlr) est apparue.

L’armée du Red Ribon était comme le Tenkaichi Budokai, simplement pas sous la forme d’un tournoi. A cette époque, il y avait un jeu sur Famicom appelé « Spartan X[1] » auquel je jouais souvent. Des ennemis puissants arrivaient très rapidement et vous deviez vous battre. C’était même basé sur un film de Kung-Fu. Jouer à cela m’a montré les visuels pour un schéma différent de celui du tournoi. C’est de là que vient la Tour du Muscle.

Et puis Piccolo Daimao (Roi Démon Piccolo) est apparu.

Avec tous les méchants apparus jusqu’à ce point, il y avait toujours quelque chose que l’on pouvait apprécier chez eux. Le Roi Démon Piccolo est ainsi apparu avec mon idée d’en faire un vrai méchant. Cette période était la plus intéressante à dessiner.

A partir de ce moment, les personnages ennemis sont devenus de plus en plus forts.

Devenus les plus forts de la Terre, Gokû & Co. ont aussi battu les Saiyans qui sont venus de l’extérieur de la Terre, puis ils sont allés dans l’espace. J’ai démarré Freezer au moment de la « bulle »[2], et les requins de la finance/du foncier étaient les pires personnes de toute. Donc j’ai fait de lui le requin de la finance #1 de l’univers. Mais faire intervenir des ennemis à tout bout de champ était difficile, c’est pourquoi j’ai fait intervenir le Commando Ginyu. Mon fils aimait beaucoup les Sentai[3], et je regardais tout le temps avec lui. Du coup, j’ai amené ça aussi. La Toei l’a sorti en même temps que l’anime Dragon Ball Z. (rires)

Les suivants à apparaître étaient les Cyborgs et Cell.

Vu qu’ils étaient devenus les plus puissant de l’univers, ils devaient ensuite surpasser le temps. En sachant cela, j’ai fait des choses sur les voyages dans le temps, mais c’était très dur. Paradoxe temporel vous dites ? J’ai rapidement sombré.

Je n’ai pensé basiquement qu’à ce que j’allais faire cette semaine-là. Même moi je ne savais pas ce qui allait se passer la semaine suivante. J’aurais bien dessiné toute mon histoire comme ça, mais je devais toujours en discuter avec mon éditeur pour savoir ce que je devais faire pour les semaines suivantes. (rires)

Puis l’arc Cell s’est terminé. Pensez-vous que tout le monde voyait déjà Gohan reprendre le rôle principal ?

J’ai pensé à mettre Gohan dans le rôle principal. Mais cela n’a pas marché. J’ai ressenti ça par rapport à Gokû, il n’était pas du tout fait pour le rôle.

Et du coup, quel est votre personnage favori ?

Et bien, je pense que Piccolo est celui que j’apprécie le plus après tout. Parmi tous les ennemis, Piccolo Daimao est celui que j’apprécie le plus, et même après Piccolo est celui que j’apprécie le plus. J’ai Piccolo presque comme j’aime Gokû. Avec Vegeta, et bien, je ne l’aime pas trop, mais ça présence a été très utile. Pour les plus récents, ça a été très drôle de dessiner Satan. Quand je l’ai sorti la première fois, je ne pensais pas que j’allais finir par faire de Satan un personnage important. Je pensais juste en faire un personnage one-shot.

Satan est comme ça, mais penser aux plus mauvais gags est plus agréable que de faire des scènes de combat. (rires)

Ça a vraiment démarré avec Gotenks. Il y a des rumeurs comme quoi votre éditeur Takeda-san était mort de rire chaque semaine quand il lisait les storyboards dans le département édition. (rires)

Je suppose que je suis un mangaka humoristique après tout. (rires)

Mais finalement, je pense toujours au fait qu’il y a toujours plein de gars d’un côté, mais toujours un seul ennemi. Si vous y réfléchissez, n’est-ce pas injuste ? (rires) Ils peuvent s’y mettre à plusieurs. (rires)

C’est donc ce que dit Gokû à la fin de son combat contre Majin Buu.

C’est ça. Il dit « Tu t’es bien battu, seul contre nous tous… ». Je suppose que ce qui motivait Gokû était cela, peu importe le type d’ennemi, il voulait les combattre à un contre un.

Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview
Dragon Ball Daizenshuu 2 Story Guide – Toriyama Super Interview

En voyant l’ensemble de votre œuvre, Gokû a toujours voulu ça. C’était une conversation très intéressante aujourd’hui, donc merci beaucoup.

(23 mai 1995 au Restaurant Chinois Rōgairō)

 

 

[1] Spartan X est le nom japonais pour le film de Jackie Chan connu chez nous sous le nom de « Soif de Justice ». Il a été adapté en jeu d’arcade aussi appelé Spartan X au Japon et Kung-Fu Master chez nous. Il a été porté sur différents systèmes dont la Super Famicom. Les éléments de jeux ayant inspiré la Tour du Muscle viennent en fait du « Jeu de la Mort » (1973) avec Bruce Lee, dans lequel avec quatre compagnons, ils doivent combattre afin de se rendre au 5ème étage d’une pagode.

[2] La « Bulle » fait référence à la bulle économique au Japon entre 1986 et 1990, qui était une période où il n’existait aucune restriction financière à la spéculation. La plupart de la spéculation était sur l’immobilier, avec le fait d’acheter des bouts de terrain dans l’espoir de les revendre un bon prix. Cela a fonctionné un moment, et en 1990 la bulle économique a explosé entraînant le Japon dans la récession. L’activité de Freezer de conquérir des planètes pour ensuite les revendre un bon prix est une pratique similaire à la spéculation foncière. Freezer est apparu dans Dragon Ball quelque part entre fin 1989 et début 1990, vers la fin de la Bulle.

[3] Sentai (ou Super Sentai) fait référence à un genre de programme TV pour les enfants qui montre des super héros costumés en équipe qui combattent des monstres (ex : Bioman). Ces émissions sont produites par la Toei, propriétaire de Toei Animation, le studio d’animation responsable de Dragon Ball, DBZ et DB GT. Des coupes des Sentai Japonais ont été éditées, doublées, et combinées avec des tournages d’acteurs américains afin de créer Power Rangers. Les Sentai montrent généralement des équipes de cinq héros costumés, un pour chaque couleur, qui utilisent des poses élaborées qui proviennent des théâtres Kabuki. Le lien avec le Commando Ginyu est évident. Le Great Saiyaman suit aussi cette influence.

 

Source : Kanzenshuu

Traduction : Matthanor

 

 

 

(CC BY-NC-SA 4.0) https://creativecommons.org/licenses/… Cette traduction d’interview est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International. Mettre obligatoirement un lien vers la source originale entière en cas de réutilisation. Merci.

Matthanor

Matthanor
Fan depuis toujours de Dragon Ball, j'ai grandi avec le Club Dorothée et avec tous les anime de légende, diffusés pour la première fois en France à ce moment-là. Je suis fan de l'intelligence que Toriyama met dans ses œuvres et notamment j'adore découvrir de nouvelles illustrations et vous traduire tout un tas d'interviews le concernant. Fait rare : j'aime bien Dragon Ball GT !

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