Akira Toriyama Super Interview - Daizenshuu 4 World Guide
Akira Toriyama Super Interview - Daizenshuu 4 World Guide

Akira Toriyama Super Interview – Daizenshuu 4 World Guide

Akira Toriyama Super Interview – Daizenshuu 4 World Guide


Le monde de Dragon Ball qu’Akira Toriyama a créé, dans lequel Gokû, Vegeta, Bulma, Piccolo et les autres évoluent, donne une vision particulière sur le monde, l’univers, la vie et la mort. Dans le Daizenshuu 4 World Guide paru en 1995, Akira Toriyama parle des secrets du Dragon World, un monde pour lequel les lecteurs ressentent une réelle nostalgie.

Akira Toriyama Super Interview – Daizenshuu 4 World Guide

4ème Round – Un Monde où tout peut arriver

Vu que le 4ème Daizenshuu est un guide du Dragon World, je me suis dit que j’allais focaliser mes questions sur le monde de Dragon Ball. Tout d’abord, cette Terre qui apparaît dans Dragon Ball est très différente de la vraie Terre.

Oui, les mangas que j’ai dessiné jusqu’à présent ont tous des mondes qui ne sont nulle part en particulier, depuis ma toute première œuvre. Avec le Village Penguin[1], bien qu’il s’agissait de la Terre, vous ne saviez pas où c’était situé… Cashman (publié dans le V-Jump) se passait dans un monde presque réaliste, mais il n’y avait aucun moyen de savoir dans quel pays.

Pourquoi choisissez-vous de les intégrer dans des mondes qui n’existent nulle part ?

En fin de compte, parce que c’est simple. Comme pour tout, je choisis mes critères sur la base de ce qui est facile. Si mon paysage est celui du monde réel, je devrais dessiner en regardant un modèle de référence comme pour les immeubles et les véhicules. Quand vous faites cela, les gens se plaignent si jamais vous vous écartez un tout petit peu.

Je me dis que normalement, c’est plus facile de dessiner si vous avez un modèle …

Vous pensez ? Au-delà de ne pas avoir un modèle à regarder, si je dessine une histoire pour laquelle je décide librement du décor, alors je me dis que ce sera un décor d’un monde qui nulle part.

Vous n’avez même pas de contenu de référence pour les scènes ?

Je n’en regarde aucun.  Je pense qu’au départ, je me basais beaucoup sur les bâtiments chinois et d’autres choses comme cela. Quand la sérialisation a débuté, je voulais changer complètement l’image de ce que j’avais pu faire avec Dr Slump. Vu que Dr Slump avait un goût de la côte Ouest Américaine, cette fois je voulais complètement changer avec des influences orientales. A cette époque, ma femme était intéressée par la Chine, et je dessinais en regardant les livres de photographie chinois qu’elle achetait.

Plus tard, avec le décor du Tenkaichi Budokai, j’ai fait beaucoup d’efforts pour le dessiner. Avant que la sérialisation ne débute, ma famille et mon assistant sont allés à Bali. Papaya Island, sur laquelle se tient le Tenkaichi Budokai, est complètement modelé sur Bali. J’ai consulté les photos qu’ils ont pris durant leur voyage, et j’ai pu réfléchir aux bâtiments et à d’autres choses. A cause de cela, ça a été très difficile (rires). Car après, j’ai dû dessiner le lieu du Tenkaichi Budokai beaucoup de fois. A cette époque je devais consulter des modèles de références (rires).

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Y-a-t-il eu des scènes après cela où vous avez de nouveau regarder des modèles ?

Ou…i, je pense qu’il n’y en a pas eu des masses après cela… Ah, si, le lieu où le vaisseau de Babidi est enterré, j’ai consulté un livre de photos sur l’Afrique pour cela. Il y avait des photos qui donnaient l’impression d’un incroyable monde sauvage, et j’ai dessiné un dérivé de cela. Dans la seconde moitié, les scènes étaient pleines de paysages sauvages, du coup c’était dur de les dessiner de façon précise.

En les regardant en ayant ça en tête, même si elles représentent toutes un paysage sauvage, tous les paysages sont différents.

C’est ça. J’ai essayé de leur donner des scènes différentes à chaque fois, en changeant des choses comme la forme des rochers ou des montagnes dans le lointain. Je pensais beaucoup à ces endroits. Je devais savoir ce qui les rendrait différents des précédents lieux, parce qu’après tout, avoir le même décor ce n’est pas bon.

A travers l’histoire, des paysages désertiques dans lesquels personne ne vit, apparaissent partout.

Après tout, cela aurait été difficile si Gokû et les autres se battaient au cœur d’une ville. J’aurai dû dessiner les résidents qui vivent dans la ville, et les bâtiments qui auraient été détruits. C’est pour cela que dès qu’ils étaient prêts de se battre, Gokû et les autres se dirigeaient vers des zones désertiques où personne ne vivait (rires). Ils utilisaient le BukuJutsu (danse de l’air) pour décoller, ce qui a été fait quasiment à chaque fois.

Maintenant que vous en parlez, une fois que Gokû et ses amis ont appris le BukuJutsu et ont été capables de voler, faire avancer l’histoire est devenu beaucoup plus facile.

Que voulez-vous dire ?

Tout le monde est devenu capable de voler pour se rendre n’importe où. C’est pour cela que penser au développement de l’histoire est devenu facile, et par-dessus tout, l’évolution de l’histoire s’est faite plus rapidement. En y regardant de plus près avec les images en tête, j’ai pu montrer des choses sous un angle « vue du dessus » sur les scènes. C’est aussi pourquoi j’ai au début, introduit le Kinto-Un. Jusque-là, ils devaient faire avec des avions et des voitures et autres, une par une, et cela prenait beaucoup de temps.

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J’imagine que le Shunkan-Idō a fortement idée pour tout ça.

Oui, c’est vrai. Il est allé sur la planète Kaio et la nouvelle Planète Namek. Après qu’il ait été capable de réaliser le Shunkan-Idō, les variations dans le style de combat de Gokû ont augmenté.

J’imagine que penser aux scènes de combats a été plus dur à chaque fois.

Oui. Avec les combats aussi, je ne pouvais pas leur faire faire la même chose à chaque fois après tout. C’était déjà bien au début quand Gokû était petit, mais dans la seconde moitié quand les combats sont devenus plus puissants, j’ai imaginé de plus en plus de techniques incroyables. C’est pour ça que c’était marrant de dessiner le combat entre Majin Buu et Gotenks. J’ai imaginé pleins de techniques étranges dans l’esprit d’un manga humoristique (rires).

Comment avez-vous créé les noms des attaques spéciales ?

Je n’ai pas franchement besoin de donner un nom aux techniques. Dans un combat entre la vie et la mort, il n’y a pas moyen de prononcer le nom de chaque technique. Ça en serait fini de vous le temps de crier le nom de chaque technique (rires). Mais mon éditeur m’a dit que c’était mieux de donner des noms aux techniques. Ma femme est celle qui a nommé le Kamehameha. J’hésitais, disant « La technique spéciale de Kame-Sennin devrait être quelque chose ou autre ha » et elle m’a dit « est-ce que Kamehameha irait ? ». C’était très bon, stupide et ça collait parfaitement avec le style de Kame-Sennin.

Pour les noms des techniques au-delà du Kamehameha, je les ai imaginés seul. Je leur ai donné des noms auquel ces personnages en particulier auraient pensé. Donc pour quelqu’un comme Vegeta, est-ce qu’il n’annoncerait pas ses techniques en anglais ? (rires) Les techniques de Piccolo rendaient très bien en Kanji.

En parlant de Piccolo, aviez-vous prévu dès le départ qu’il serait un extraterrestre de Namek ?

Bien sûr que je n’y ai pas pensé du tout (rires). Les Saiyans également. Quand j’ai réfléchi à la queue de Gokû et à l’Ōzaru, je ne me suis pas dit que Gokû était un alien ou autre. Pareil pour Piccolo. Car j’y ai pensé quand Dieu est apparu.

C’est surtout après que j’y ai pensé car cela devenait pertinent. Par exemple, il y a la chaise dans laquelle se tient l’aîné des Nameks. C’est à peu près la même que celle du démon Piccolo (Daimao) quand il est apparu la première fois. Il manquait juste les cranes.

Je vois ! Maintenant que j’y pense, elles avaient la même forme.

Je me suis dit que Piccolo Daimao avait surement des souvenirs de quand il était sur la planète Namek, et que du coup il ferait ce style de chaise. Donc j’ai pensé à la forme des bâtiments et vaisseaux de la planète Namek à partir du design de la chaise de Piccolo Daimao. Quand ils sont allés sur la planète Namek, on m’a dit que j’échouerais si j’allais dans l’espace dans un manga shōnen. Donc quand j’ai pensé au décor de la planète Namek, j’ai essayé de faire en sorte qu’il soit très cohérent.

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L’Au-Delà était un autre lieu en plus de la Terre qui est devenu le cadre de l’histoire, après la planète Namek. A partir de quoi avez-vous réfléchi à cet au-Delà ?

Pour le Temple de Dieu, je lui ai aussi donné un aspect très mystérieux, mais d’un autre côté, j’ai pensé qu’il serait bon de donner à l’Au-Delà un aspect réaliste. Du coup Enma-daiō et les oni portent tous des costumes comme des employés de bureau. Je pense que vous pouvez voir cela en regardant la carte du Monde dans ce bouquin[2] mais il y a quelque chose appelé Aéroport pour le Paradis. Le fond de l’histoire de tout cela est que les personnes qui vont au Paradis doivent y aller par avion. Cette carte complète était au début de l’information de fond que j’ai dessiné suite à une demande de l’équipe d’animation, mais j’ai utilisé cette opportunité pour créer le KaiōshinKai, qui n’était pas inclus dans la précédente carte du Monde, pour le rendre parfait. En vérité, cette carte complète est quelque chose que j’ai dessiné après avoir fini l’histoire, pour rendre le tout cohérent (rires). Avec moi, je pense à l’histoire en avance, puis je ramène les informations sur le Monde pour que le tout soit cohérent. Je pense que si j’étais un mangaka qui faisait les choses proprement, je penserais aux informations de contexte d’abord puis je créerais l’histoire. En disant cela, vous allez penser que je n’ai pensé à rien du tout. Il y a une vague image, même avant de créer l’histoire (rires).

Même si une personne censée rendrait cela cohérent, vous avez été surement capable de bien faire. En vous entendant parler, j’aimerais essayer de rentrer dans votre tête. Merci beaucoup de ce moment.

 

 

[1] Dr Slump

[2] Daizenshuu 4

(24 July 1995 at the Kanazawa City Sight-Seeing Hall)

Merci à nos amis de Kanzenshuu pour la source !

Traduction : Matthanor

Matthanor

Matthanor
Fan depuis toujours de Dragon Ball, j'ai grandi avec le Club Dorothée et avec tous les anime de légende, diffusés pour la première fois en France à ce moment-là. Je suis fan de l'intelligence que Toriyama met dans ses œuvres et notamment j'adore découvrir de nouvelles illustrations et vous traduire tout un tas d'interviews le concernant. Fait rare : j'aime bien Dragon Ball GT !

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