Interview d'Akira Toriyama - Battle of Gods et Super Saiyan God
Interview d'Akira Toriyama - Battle of Gods et Super Saiyan God

Interview d’Akira Toriyama – Battle of Gods et Super Saiyan God

Interview d’Akira Toriyama – Battle of Gods et Super Saiyan God


Comme il en est question dans les œuvres de Toriyama de la semaine proposées par le site officiel de Dragon Ball, nous vous proposons aujourd’hui cette interview d’Akira Toriyama publiée dans le 4ème volume de l’arc Freezer de l’édition Full Color de Dragon Ball, sorti le 4 avril 2013 au Japon. Ce volume contenait une FAQ de Toriyama dans laquelle il nous parle de la production de Dragon Ball et du contexte de l’histoire de la série.

A l’époque, la campagne promotionnelle de Dragon Ball Z Battle of Gods est en cours, le film étant sorti le 30 mars 2013. Ce FAQ et Toriyama nous parlent donc de la production du film, racontant comment il avait réécrit toute l’intrigue et redéfini bien des détails de l’histoire… même s’il a eu quelques difficultés à gérer l’arrivée du Dieu de la Destruction Beerus. Sur ce sujet, nous découvrons ce qui l’a inspiré pour dessiner Beerus, Whis et le Super Saiyan God en rouge.

Dragon Ball Full Color : ARC Freezer volume 4 FAQ

Nous avons interrogé Akira Toriyama

Interview d'Akira Toriyama - Battle of Gods et Super Saiyan God
Interview d’Akira Toriyama – Battle of Gods et Super Saiyan God

Dragon Ball Z : Battle of Gods – Scénarios

Le film Dragon Ball : Battle of Gods sortira en mars 2013 ! Pour ce film, Toriyama-sensei n’a pas seulement dessiné les personnages, mais il a aussi mis la main à la pâte pour l’histoire pour la première fois. Nous sommes directement allés voir l’homme lui-même pour connaître ses préoccupations !

Qu’est-ce que Dragon Ball Z : Battle of Gods ?

Il s’agit du premier film Dragon Ball depuis 17 ans. Le « Dieu de la Destruction » Beerus s’est réveillé de son long sommeil et attaque la Terre ! Il s’agit d’une œuvre qui dépeint le super combat de Gokû et Co. contre le dieu qui voulait détruire la Terre !

Interview d’Akira Toriyama – Battle of Gods et Super Saiyan God

Presque toutes les œuvres d’Akira Toriyama – Semaine du 25 au 31 mars 2019
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Histoires top-secrètes du script !

Comment en êtes-vous venus à écrire l’histoire ?

Quand je suis allé à Tokyo, Torishima-san[1] m’a dit tout à coup « Lis le script. Nous voulons en faire un film. » (rires) Quand je l’ai lu, j’ai pensé que ce serait peut-être un peu trop complexe pour des enfants, et que cette histoire était un peu trop sérieuse. Pour les dialogues également, il y avait des tournures de phrases que seul le créateur connaîtrait, donc j’ai envoyé une version revisé, [qui disait] « Que pensez-vous de quelque chose comme ça ? » Plus tard, j’ai jeté un œil sur le script révisé et tandis que je regardais les dialogues et d’autres points qui m’ennuyaient, [J’ai réalisé] que j’avais réécrit toute l’histoire sans m’en rendre compte. (rires) J’ai senti que la partie où le Dieu apparaissait était le point central du film, donc je l’ai laissé, mais le reste, c’est l’histoire que j’ai amené moi-même (rires ironique)

A quoi avez-vous prêtez attention en créant ce scénario ?

Pour être honnête, il n’était « pas fait pour transmettre des émotions ». C’est vraiment moi de l’avoir emmené vers un côté de pur amusement. Jusqu’au point où, depuis le début, j’ai fait exprès de dessiner de façon à ne pas émouvoir les gens. Cette fois, également, avec la scène sympathique de Vegeta, j’ai presque essayé de faire dans l’émotion, mais j’ai modifié pour faire quelque chose de plus léger. Probablement dû au fait que c’est embarrassant[2]. Le fait que je passe ma vie a ajouté des gags stupides pour casser l’action, comme « je vais me faire pipi dessus » est aussi dû au fait que si ça devient sérieux, je suis gêné. (rires)

J’étais également conscient qu’il fallait permettre aux gens d’avoir leur premier contact avec Dragon Ball en comprenant tout sans difficultés. J’ai essayé de faire attention à ne pas le rendre trop incompréhensible pour les non-initiés, mais c’était dur. La durée du film est limitée, donc c’est devenu une histoire qui nécessite une certaine connaissance de l’œuvre. Pour quelqu’un comme moi, qui vise à ce que même des écoliers comprennent, cela peut-être quelque chose qui se reflète un peu.

J’ai également lutté avec l’histoire de l’ennemi. Il y a des histoires dans lesquelles « une bonne personne, suivant un certain chemin, obtient un cœur maléfique et devient un ennemi ». Mais s’ils étaient à l’origine des bonnes personnes, même si vous vous battez avec eux et que vous gagnez, il n’y a pas de sens profond de résolution. C’est spécifiquement parce qu’ils sont mauvais depuis le début qu’ils valent le coup d’être battus. Cette fois, aussi, j’ai lutté pour trouver une façon de finir les choses de manière propre après avoir combattu un terrible adversaire comme un Dieu de la Destruction.

Qu’avez-vous remarqué en écrivant le scénario ?

Le fait qu’il est plus facile d’écrire une œuvre qui n’est pas nouvelle, dans laquelle vous connaissez les personnages et le monde. De plus, vu que je ne suis pas le genre de personne qui relit son propre travail, j’ai complètement oublié l’histoire. J’en ai lu un peu de nouveau, et j’ai été capable de me souvenir des sentiments de quand je le dessinais. (rires) C’est plus facile pour un mangaka quand il sait déjà que « ce personnage bouge comme cela ».

C’était la première fois depuis la fin du Kanzenban que j’ai proprement lu le manga que j’avais dessiné. Je ne pouvais pas me rappeler les développements suivant, donc pendant que je le lisais, je doutais, « est-ce que tout allait bien se passer, en étendant le monde d’autant ? » (rires) Mais si je n’oublie pas ce que j’ai dessiné, l’idée suivante ne me viendra pas. Peut-être que ma capacité de mémoire est moins importante que celle des autres gens ? (rires)

Les secrets de la réalisation des personnages

Parlez-nous des coulisses de la création des personnages qui apparaissent !

Dans le script initial, trois cambrioleurs apparaissaient. Mais vu que tous les personnages de Dragon Ball apparaissent ensemble, je me suis dit qu’il serait mieux que le groupe de trois soit déjà connu, donc j’ai fait apparaitre le Gang Pilaf. Ils devraient commencer à être vieux donc je me suis demandé ce que je devais faire. Puis m’est venue à l’esprit, que si je les rendais plus jeunes grâce aux Dragon Balls, cela irait.

L’intrigue secondaire concernant Trunks qui commence à apprécier Mai est une sorte de scène que je dessine très rarement « commencer à aimer un petit peu une fille ». Je pensais [si je le laissais] comme ça, ils auraient juste été des voleurs discrets, et cela se serait terminé avec eux étant directement appréhendés, donc je l’ai ajouté. (rires)

De plus, ce n’est pas comme si l’anniversaire de Bulma était organisé chaque année. Bulma est le type de personne qui se moque de son propre anniversaire, donc elle en organise un quand elle veut réunir tout le monde après une longue période sans les voir. Si elle ne prépare pas de fantastiques prix, tout le monde ne serait pas venu, donc elle a tout donné. (rires)

Etes-vous fermes quand vous décidez des paramètres en créant une histoire ?

Si ce n’est pas logique dans mon esprit, alors c’est très mauvais quand je le dessine. Même si c’est quelque chose de non expliqué dans l’œuvre, j’essaie de mettre en place des règles non-écrites afin de tout lier ensemble. Mais bon, je ne prends pas de notes, donc je les oublie immédiatement. (rires) J’ai confiance dans le fait que tout soit cohérent, aussi. (rires) Cette fois, aussi, j’ai préparé des paramètres pour la fin qui permet d’anticiper une suite. C’est en fait quelque chose que j’ai réussi à tenir par chance, mais cela permet aussi de redonner vie aux personnages, donc je suis heureux d’avoir gardé ces paramètres.

Donnez-nous quelques détails sur le design de Beerus, le Dieu de la Destruction et sur Whis !

J’ai utilisé toute les formes humaines, donc pour Beerus, j’ai pensé que ce serait mieux d’en faire un chat. En parlant de chats, il y a l’Egypte, donc j’ai décidé de son costume à partir de là. Je préfère des personnages puissants qui ne paraissent pas forts au premier regard. Simplement, par contraste, apporter la peur de leur inimaginable vraie nature plutôt que d’être trop voyant. J’aime aussi comment cela rend les choses inquiétantes.

Whis est un personnage que j’ai inventé, imaginant comme vous devez vous en douter, qu’il fallait ramener un sympathique compagnon. (rires) J’aime son air d’inconscience. Il mange sans cesse des choses délicieuses, et il ne possède pas de sens du danger immédiat jusqu’au point où je me suis demandé si ça allait vraiment le faire. (rires)

Je les ai imaginés tous les deux depuis le début. S’il y en avait un seul [personnage], il faudrait le faire parler à lui-même ou utiliser de la narration, mais s’il y en a deux, vous pouvez expliquer les choses grâce à leurs dialogues, aucune narration n’est nécessaire. Donc, dans le manga également, j’essaie de les faire apparaître par paires. Même Gokû est quelqu’un qui ne dirait rien si Bulma et les autres n’étaient pas dans le coin. (rires)

Les préoccupations de Toriyama-sensei

Est-ce que Gokû et les autres ont changé par rapport à avant ?

Gokû ne change absolument jamais. Maintenant, comme avant, c’est quelqu’un qui ne pense qu’à devenir plus puissant. Je pense que les autres personnages n’ont probablement pas changé non plus ?

Ce qui a changé est surement juste lié à l’apparence. La couleur des cheveux et autres. Je ne suis pas très pointilleux sur les coiffures et leurs couleurs, et je les peins de la manière la plus facile à ce moment-là. Tout le monde change normalement de coiffure, non ? C’est aussi le cas ici. Donc, je ne me rappelle plus les couleurs de cheveux de mes personnages non plus. (rires) Je suis extrêmement pointilleux sur les parties qui m’intéressent, mais celles qui ne m’intéressent pas, je ne suis pas pointilleux du tout.

Avez-vous choisi le sous-titre du film, sensei ?

Oui. Dieux et extraterrestres font partie de mes paramètres de base après tout. (rires) Mais le titre étant ce qu’il est, j’ai fait attention à ne pas rendre le tout trop philosophique. J’ai donc voulu lui faire faire pleins de choses qui ne sont pas dignes d’un dieu, comme être obsédé par la nourriture.  C’est une de mes règles, j’adore les choses stupides comme ça.

C’est également moi qui ai choisi de mettre l’histoire directement après l’arc de Majin Boo. J’ai pensé à un moment où tout le casting était présent, et Gokû et les autres à un niveau de puissance parfait, ce qui serait le mieux. C’est alors qu’une adversaire incroyable apparaît.

Quel est le thème du film ?

Une autre règle est que je n’ai pas de thèmes dans mon travail. Je veux juste en faire une œuvre de « divertissement » qui est facile à comprendre pour n’importe quel spectateur. Il y a pleins d’autres manga écrits dans un style complexe, je suppose que j’ai voulu en faire le plus possible un pur divertissement. Pourtant, c’est mal de le dessiner dans un style trop léger, également. Je crois qu’un manga est fini s’il devient trop léger. (rires)

Bonus : Akira Toriyama FAQ

Il y a tellement de choses que nous voulions demander à Toriyama-sensei, nous l’avons fait sous forme de FAQ.

Si vous deviez donner un nom à la technique de Beerus, Sensei, qu’est-ce que ça serait ?

Je suis le type de personne dont on dirait que je nomme chaque technique, mais ce n’est généralement pas vrai. Si je prends sur moi pour la nommer… « Beerus Ball » [Birusu-dama], peut-être. (rires)

Dites-nous pourquoi la couleur du Super Saiyan God est le rouge !

Simplement parce que c’est une couleur qui en jette. J’ai déjà utilisé le doré, le bleu ne parait pas très puissant. Visuellement parlant, le rouge est facile à comprendre.

Quel est votre secret pour toujours venir avec de nouvelles idées ?

Je commence généralement à la maison, mais quand je sors, le fait de sortir est marrant. Récemment, je suis allé voir un concert avec ma fille[3] et cela m’a stimulé. Je regardais la foule tout du long [me disant] « donc le public réagit comme ça ». (rires) C’est devenu une référence pour ce film également. Par exemple « cela pourrait être intéressant s’ils se battaient sur ce genre de musique intense ».

 

 

 

[1] L’éditeur de Toriyama qui a servi de modèle au vilain de Dr Slump.

[2] Toriyama est assez timide par nature, et quand la situation devient trop grave, il insère des gags pour la rendre plus légère.

[3] Concert de Maximum the Hormone en novembre 2012 dont le chanteur du groupe raconte sa rencontre avec Toriyama dans les petites lignes de son album de 2013 Yoshū Fukushū. Toriyama utilisera d’ailleurs la chanson du groupe ‘F’ pour s’en inspirer dans le cadre du film de 2015 « La résurrection de ‘F’ », dans lequel nous pouvons entendre la chanson durant le combat.

 

Source : Kanzenshuu

Matthanor

Matthanor
Fan depuis toujours de Dragon Ball, j'ai grandi avec le Club Dorothée et avec tous les anime de légende, diffusés pour la première fois en France à ce moment-là. Je suis fan de l'intelligence que Toriyama met dans ses œuvres et notamment j'adore découvrir de nouvelles illustrations et vous traduire tout un tas d'interviews le concernant. Fait rare : j'aime bien Dragon Ball GT !

Ne loupez pas l'info !

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